Saturday, February 7, 2015

Marie-Françoise Bougaran, Complulsive Baby-Killer Girl - France, 1865


Marie-Françoise Bougaran, 15-years-old, was tried in Quimper in 1866 and convicted and sentenced to 20 years on prison.

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FULL TEXT: The Brest journals give an account of the arrest of a servant girl named Bougaran, charged with the murder of three infants, the children of Mr. R— [Robinaud], Professor in the College of that place, and of one other child, the daughter of Mr. M—, clerk to the juge de paix at Lesneven [error in orig. “Lanseven”]. The first three children all died in November, apparently from a gastric affection, which caused them to vomit blood and fecal matter. A few days later the fourth child died, under precisely similar circumstances, a day or two after he had engaged the servant who had lived with Mr. R. Suspicion then arose that she had poisoned all the children, and she was in consequence arrested. When interrogated she confessed that she had killed all the children by forcing them to swallow excrements, and then cutting the veins of the neck with a knife, which she inserted in the mouth. The post-mortem examination of the poor children has fully proved this statement to be true. The girl affirms that she committed the crimes under an irresistible impulse, and that, had she remained longer with Mr. M.— she should have murdered his other child in the same manner.

[Untitled, from “Foreign News and Gossip.” Column, The Brooklyn Daily Eagle (N. Y.), Dec. 30, 1865, p. 1]

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EXCERPT: A Lesneven, les trois enfants Robinaud de 6 mois, 2 ans et 5 ans meurent en vomissant du sang et des matières fécales. On croit à une forme de gastro-entérite particulièrement virulente (!) Mais c’est leur jeune domestique de 15 ans, Marie- Françoise Bougaran, qui les a tués en leur faisant avaler ses excréments puis en les poignardant dans la gorge! Cet horrible fait divers permet à Annick Le Douget d’aborder l’expertise psychiatrique alors à ses débuts. Pourtant personne ne croira à la folie. En raison de son jeune âge, la criminelle n’est pas décapitée mais condamnée à vingt ans, peine maximum pour une mineure. L’auteur perd sa trace. [Michel Amelin, “La Chronique De Michel Amelin Andre Gide Et Annick Le Douget Au Tribunal!” La Tête en noir, n°138, Mai-juin 2009; refers to source: Annik Le Douget, “Femmes Criminelles en Bretagne en XIX siècle,” 2002]

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FULL TEXT: Cette affaire est relative à des crimes heureusement d’une nature exceptionnelle, et dont les premiers récites ont causé, lors de leur publication, un sentiment général de surprise et d’horreur. Les débats de ce grave procès ont commencé à l’audience du 13 janvier devant la cour d’assises du Finistère.

A dix heures du matin, ta cour entre en séance, et il est procédé au tirage du jury.  L’accusée est introduite ses traits sont réguliers elle ne parait guère comprendre la gravité de l’accusation qui pèse sur elle. Elle se nomme Marie-Françoise Bougaran, âgée de quinze ans, née à Plabennec (Finistère), et y demeurant.

Me. de Chamaillard, avocat, est chargé de sa défense.

M. Derome, procureur impérial, occupe le siège du ministère public.

It est donné lecture de l’arrêt de renvoi et de l’acte d’accusation. Cette dernière pièce est ainsi conçue :

Le sieur Robinaud, professeur au collége de Lesneven, habitait cette ville avec sa femme et cinq enfants, dont le plus jeune, Joséphine, n’était âge que due huit mois. Cette enfant, d’une constitution très délicate, avait donné pendant quelque temps des inquiétudes très sérieuses à ses parents, mais sa santé semblait tout à fait rétablie, lorsque les époux Robinaud prirent, vers la fin d’octobre 1865, en qualité de domestique, Marie-Françoise Bougaran, àgée de quinze ans. A peine cette jeune fille était-elle entré echez eux que la petite Joséphine retombait malade et succombait le12 novembre après avoir éprouvé pendant plusieurs jours des vomissements dans lesquels se trouvaient souvent mèlées des matrières fécales: Pendant cette maladie la fille Bougaran avait fait remarquer à ses maîtres que leur enfant paraissait avoir l’une de ses jambes cassée, et le médecin avait, en effet, constaté à la partie inférieure de la jambe droite une fracture qui devait remonter à douze ou quinze jours.

Le 18 du même mois, Anna Robinaud, âgée de cinq ans, était prise à son tour de vomissements, dans lesquels se trouvaient également des matières fécales, et le lendemain, vers cinq heures et demie du matin, son père, qui couchait dans une chambre voisin, l’entendit pousser tout à coup un en perçant et dire à Françoise Bougaran qui couchait auprès d’elle : « Vous m’avez enfoncé un coutéau dans la gorge. » Le sieur Robinaud ayant aussitôt demandé a sa domestique si elle avait un couteau entre les mains, et si-elle aurait involontairement blèssé son enfant, ellë répondit négativement, quoique celle-ci maintînt avec force qu elle lui avait mis quelque; chose dans la bouche.

Un quart d’heure s’était à peine écoulé que le sieur Robinaud entendit un second cri pareil au premier : il se leva à la hâte, et en entrant dans la chambrer où était sa fille, il aperçut Françoise Bougaran qui» se tenait près d’elle et lui retirait de la bouche des matières fécales. Le 20 novembre Anna Robinaud, après avoir éprouvé des vomissements de mème nature, auxquels se trouvait mêlé du sang en assez grande quantité, succomba vers trois heure du soir, et ses parents, que la fille Bouguran était allé prévenir, la trouvaient baignant dans son sang. Deux médecins, qui avaient été chargés de faire l’autopsie du cadavre de cet enfant, n’y procédèrent que l’une manière incomplète et attribuèrent sa mort a une hémorrhagie intestinale.

Dès le du mois cependant, Henri Robinaud, qui venait de rentrer chez ses parents, après quelques jours d’absence, "et dont la santé avait toujours été bonne, avait ressenti les mêmes symptômes que ses soeurs. Il rejetait, comme elle des matières fécales par la bouche, et à partir du 23e on s’aperçut qu’il s’y mêlait du sang. On avait remarqué, en outre, quelques jours auparavant, qui avait la jambe et le bras droit cassés, et qu’il existait quel-quels excoriations sur d’autres parties de son corps. Depuis lors, il dût garder longtemps le lit, et le 26 novembre il succomba après avoir rendu du sang en grande abondance par les narines et par la bouche. Ce fut la fille Bougaran qui vint encore a vertir sa maltresse en disant:

« Voilà le petit Henri qui meurt comme sa soeur.»

Le même jour, elle montrait à la femme Bergat, qui avait été chargée d’ensevelir le cadavre de cet enfant; les tracés de violence qu’il portait en différentes parties du corps, et quelques heures plus tard elle disait, en revenant de chez le juge du paix où elle avajt eté appelée pour donner des explications sur la mort des enfants Robinaud, qu’il etait bien; heureux pour ses maîtres que les médecins n’eussent pas examiné le corps du petit Henri car ils auraient eu une mauvaise affaire.

Le 22e. novembre, Françoise Bougaran, qui était seule vers sept heures du matin avec Marie Robinaud, âgée de sept an, dans une chambre où celle-ci était couchée, lui introduisit des matières fécales dans la bouche, et comme l’enfant lui adressait des reproches, elte répondit à haute voix, de manière à être entendue par le sieur Robinaud, qui s’étant aussitôt rendu auprès de sa fille, avait vu Françoise Bougaran qui lui retirait des matières fécales de la bouche. Quelques instants après, cette telle ayant répété à la dame Robinaud elle-même, en présence de Marie, qu’elle était malade comme les autres, celle-ci s’écria que ce n’était pas vrai, et raconta, sans cependant que sa mère y voulût ajouter foi, ce qui s’était passé.

Lé lendemain, Françoise Bougaran, après avoir servi à Marie Robinaud une tasse de café que celle-ci ne voulut pas boire, et au fond de laquelle se trouvaient des matières fécales, lui-donna des confitures, parmi lesqel les elle en avait mis encore, et l’enfant fut prise de nouveaux vomissements dès qu’elle les eut mangées.

Deux médecins appelés pour lui donner des soins décidèrent alors les époux Robinaud à. mettre leur fille à l’hospice, afin d’étudier plus facilement et de suivre la marche d’une maladie dont lés caractères avaient échappé jusqu’alors à leurs investigations. Mais à peine avait-elle quitté la maison, que les symptômes qui s’étaient produits depuis deux jours cesseront tout à coup; et Marie Robinaud fut bientôt rétablie.

Depuis plusieurs jours déjà, la fille Bougaran, prévoyant qu elle ne pourrait rester chez les époux Robinaud, s’était proposée comme domestique chez le sieur Menou, greffier de la justice, de paix de Lesneven, et elle entra le 28 novembre à son service.

Dès le lendemain, elle revenait de chercher les enfants à l’école et rentrait chez ses maîtres, lorsque le sieur Menou entendit crier une de ses filles âgée de deux ans. La femme Menou ayant aussitôt demandé à Françoise Bougaran ce qu’avait cette enfant qu’elle portait sur les bras celle-ci lui’répondit qu’elle venait de rendre des matières fécales par la bouche, et ajouta qu’elle avait la.même maladie que les enfants Robinaud.

Un médecin qu’on appela ayant invité les époux Menou à ne pas laisser cette jeune fille avec leurs enfants, ils se déciderent à la renvoyer dans sa famille.

Les médecins chargés de l’autopsie des entants Robinaud ont constate sur le corps de Joséphineune: fracture de l’os du fémur aux deux cuisses, et une fracture de deux os à la partie inférieure de la jambe droite. Ils ont, en outre, reconnu que cette èntant avait succombe par suite d’asphyxie. Sur le corps de Henri ils ont remarqué au bras droit deux fractures, l’une à l’humérus, l’autre à l’avant-bras; à la jambe droite, une fracture de deux os la base du voile du palais existait une perforation faite avec un instrument piquant et tranchant; dans l’arrière-gorge une section de nombreux vaisseaux artériels, qui avait occasionné une hémorragie et déterminé la mort. Enfin, sur Anna ils constatèrent les mêmes désordres dans la cavité buccale, et dans la gorge une section complète de l’artère carotide. Cette blessur avait dù occasionner presque instantanément la mort.

Lors de son arrestation, Françoise Bongaran avait reconnu, après quelques dénégations, qu’elle avait introduit, à plusieurs reprises, dés matières fécales dans la bouche desenfants Robinaud, et qu’elle pouvait ainsi avoir occasionné leur mort. Le même soir, dans le but, sans doute, d’empêcher d’en rechercher une antre cause, elle avait elle-même mangé de ses propres excréments, et avait provoqué des vomissements auxquels se trouvait mêlée une certaine quantité de sang. Mais après l’autopsie, lorsqu’elle fut en présence des cadavres des enfants Robinaud, elle js’écria en se tordant les bras et paraissant en proie à une émotion profonde : « Oh! mon Dieu! je suis une grande criminelle, c’est moi qui ai envoyé ces pauvrets enfants au paradis avant leur heure! » Et elle raconta alors que le jour de la mort de Joséphine. Elle lui avait introduit ses doigts dans la gorge, avait insuite appliqué ses lèvres sur les siennes et t’avait stouflée en lui soufflent dans la bouche.

Elle reconnut également qu’elle ayau plongé son couteau dans la gorge de Henri et d’Anna, et ajouta que était elle aussi qui avait brisé les membres de Joséphine et de Henri en les tordant avec force. Elle prétend seulement qu’elle né peut se rendre compte dece qui l’a poussée à commettre ces attentats.

A son entrée chez les époux Menon, Françoise Bougaran avait apporté un paquet contenant des effets, parmi lesquels on en a trouvé qui appartenaient aux époux Robinaud. Elle avoue les avoir volés pendant qu’elle était il leur service.

En conséquence, etc.

Après la lecture de l’acte d’accusation, il’est procédé à l’appel des témoin.

Le premier témoin appelé, M. Daniel, docteur-médecin, demeurant à Brest, ne répond pas à de son nom.

M. le procureur, impérial explique que le docteur Daniel lui adressé une dépêche télégraphique de laquelle-il résulte qu’il vient dé perfdre sa fille, et un certificat du médecin coristatant que son état’de santé celui permet pas de se rendre à Quimper. Il requiert que l’affaire soit renvoyée à la prochaine session.

L’accusée et son défenseur déclarent s’en ràpporter sur ce point à la sagesse de la cour, qui se retire dans la chambre du conseil pour en délibérer.

Après un instant de suspension, la cour rentre en séance et prononce un arrêt par lequel, faisant droit aux réquisitions du ministère public, elle ordonne le renvoi de l’affaire la session prochaine, qui aura lieu dans le courant d’avril. (Gazette des Tribunaux.)

[Tribunaux. Cour D’Assises Du Finistère. Présidence de M. Lambert, conseiller à cour impériale de Rennes. Audience du 13 janvier 1866. Affaire de Lesneven. Assassinats Commis Par Une Domestique Du Quinze Ans Sur Des Enfants. - Vol. - Horribles Détails. Le Petit Journal (Paris, France), 16 janvier, pp. 3-4]

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CHRONOLOGY

Late Oct. - Enters service of Robinaud family, in Brest.

Nov. 12  - Joséphine R., 8 mo, broken arm, dies.
Nov. 18 - Anna R, 4, becomes ill.
Nov. 20 - Anna R dies.
Nov. 22 - Marie B, 7, dies.
Nov. 23 - Henri R, 2, broken arm and leg, dies.
 Nov. 28 - enters service of Menou family, in Lesnevin.
Nov. 29 - Menou daughter, 2, dies.

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Other sources:
[Claude Le Menn, “Marie-Françoise Bougaran tortionnaire et infanticide à quinze ans,” Claude Le Menn in Les Cahiers de l'Iroise, HS n° 2, Septembre 2014 (09/2014). p. 43-51]
[Annick Le Douget, Justice de sang: La peine de mort en Bretagne aux XIXe et XXe siècles, 2007, Annick Le Douget, p. 219]
[“Ein Kindemadchen als Mörderin ber ihm anvertranten Kleinen.” Regensburger
Morgenblatt (Regensburg, Bavaria), 8 Mai, 1866, p. 1 (p. 370)]

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